Principe
Une cyberattaque peut arrêter un entrepôt ou une usine en quelques heures : rançongiciel qui chiffre l'ERP, fraude au faux changement de RIB fournisseur, intrusion par un prestataire connecté. Les mesures de base (guide d'hygiène de l'ANSSI) évitent la majorité des attaques : comptes et droits limités, double authentification, mises à jour, sauvegardes hors ligne testées, segmentation du réseau, sensibilisation au hameçonnage. Côté supply chain : vérifier par téléphone tout changement de coordonnées bancaires, exiger un niveau de sécurité des prestataires connectés, prévoir un mode dégradé (listes papier, étiquettes pré-imprimées, contacts hors messagerie). La directive européenne NIS2 renforce ces obligations pour de nombreux secteurs.
Comprendre pas à pas
1. La situation
Un distributeur de 250 personnes est touché par un rançongiciel un vendredi soir : l'ERP et le WMS sont chiffrés. 4 000 commandes sont en attente, les camions arrivent le lundi à 6 h. Question : qu'est-ce qui fait la différence entre 5 jours et 5 semaines d'arrêt ?
2. Les attaques les plus fréquentes en supply chain
| Attaque | Porte d'entrée | Parade |
|---|---|---|
| Rançongiciel | hameçonnage, accès à distance mal protégé | double authentification, mises à jour, sauvegardes hors ligne testées |
| Faux changement de RIB | e-mail d'un « fournisseur » | rappel systématique au numéro connu avant tout changement |
| Intrusion par un partenaire | accès d'un prestataire ou d'un éditeur | accès limités, tracés, coupés en fin de mission |
| Vol de données | comptes partagés, droits trop larges | comptes nominatifs, droits minimaux |
3. L'idée
La plupart des attaques réussissent sur des failles de base. Le guide d'hygiène de l'ANSSI les couvre : double authentification, droits minimaux, mises à jour, sauvegardes hors ligne testées, réseau segmenté, sensibilisation. La supply chain ajoute deux réflexes : vérifier par téléphone tout changement de RIB et préparer un mode dégradé pour continuer à livrer sans informatique.
4. Ce qui a permis de redémarrer en 5 jours
Samedi. Cellule de crise, isolement du réseau, déclaration aux autorités et à l'assureur.
Dimanche. Extraction PDF quotidienne des commandes et des emplacements (procédure prévue) : préparation possible sur papier.
Lundi. 60 % des expéditions avec étiquettes pré-imprimées et bons manuels.
Mercredi à vendredi. Restauration des sauvegardes hors ligne (testées 2 mois plus tôt), reprise à 100 %.
Ensuite. Double authentification généralisée, accès des prestataires revus, exercice annuel.
5. À vous de jouer : votre niveau de protection
6. Ce qu'il faut retenir
- Les bases arrêtent la plupart des attaques.
- Sauvegardes hors ligne testées, RIB vérifiés par téléphone.
- Prévoir le mode dégradé avant la crise.
Mise en œuvre
- Acteurs
- Direction, informatique, supply chain, achats
- Durée
- Mesures de base en 3 mois, puis amélioration continue
- Livrables
- Cartographie des systèmes critiques, plan d'hygiène, procédure de mode dégradé
- CartographierERP, WMS, TMS, EDI, portails fournisseurs : qui y accède, d'où, avec quels droits, que se passe-t-il s'ils s'arrêtent.
- Appliquer l'hygiène de baseDouble authentification, droits minimaux, mises à jour, sauvegardes hors ligne testées, comptes partagés supprimés.
- Sécuriser les partenairesClauses de sécurité dans les contrats, accès limités et tracés pour les prestataires, procédure de vérification des changements de RIB.
- Préparer le mode dégradéExtractions quotidiennes (commandes, stocks), étiquettes et bons pré-imprimés, liste de contacts hors messagerie.
- S'entraînerSensibilisation au hameçonnage, exercice de crise annuel avec restauration réelle d'une sauvegarde.
Exemple d'application
Distributeur touché par un rançongiciel un vendredi soir : grâce à des sauvegardes hors ligne testées et une procédure de préparation en mode dégradé (extraction quotidienne des commandes en PDF), les expéditions reprennent à 60 % dès le lundi et à 100 % en 5 jours.
Points de vigilance
- Sauvegardes jamais testées
- Modifier un RIB fournisseur sur simple e-mail